
L’Agenda Culturel, média de référence de la scène culturelle libanaise, consacre un long entretien à Dominique Salloum, signé par la journaliste Zeina Saleh Kayali. L’occasion de revenir en détail sur la genèse de la Sinfonia da camera n°1 « Beyrouth » op. 7, triple lauréate de concours internationaux, et sur le parcours singulier de son compositeur.
Une œuvre, trois prix
L’article s’ouvre sur l’actualité du moment : à quelques jours d’intervalle, Beyrouth remporte le Bach International Music Competition, le World Grand Prix International Music Contest et le Manchester International Music Competition. Dominique Salloum y décrit une symphonie de chambre écrite pour 15 musiciens, en un seul mouvement cyclique, où chaque instrument agit en soliste — à la manière du Concerto pour orchestre de Bartók.
L’orchestre comme dramaturgie
Ce qui frappe dans l’entretien, c’est la précision avec laquelle Dominique Salloum parle de l’orchestration comme d’un langage narratif. Les bois comme appel de la forêt, les cuivres comme colère, le tam comme première bombe de la guerre. Chaque timbre porte une signification. La harpe utilisée comme un qanoun, la flûte en sol dont le souffle évoque le ney : l’Orient est là, inscrit dans la technique même.
Un Bartók oriental
Zeina Saleh Kayali pousse Dominique Salloum sur ses influences. Il cite Prokofiev, Bartók, John Williams et Toufic Succar, son maître au Conservatoire de Beyrouth, pionnier de l’harmonisation du folklore libanais. Il rapporte l’éloge de son professeur Abdel Rahman El Bacha, qui estima qu’il avait réussi là où Bartók avait échoué dans la restitution authentique du caractère folklorique : un compliment que Dominique Salloum reçoit avec une humilité sincère.
Ce qu’il faut me souhaiter ? C’est d’être joué.
L’entretien se conclut sur une phrase qui résume tout. La composition comme accomplissement, le partage comme seule mesure du travail. Un portrait sans artifice, qui donne à entendre autant l’homme que le musicien.